« Nous suivons le procès de Nuremberg — et notre pensée va vers un monde lointain où, de la même façon, il ya trente ans, se sont produits des « crimes de guerre ». Selon un plan conçu et prémédité hier — bien que trente ans auparavant — afin d’anéantir un peuple abandonné et sans défense, au cours de la Grande Guerre.
En ce temps-là aussi, les mêmes méthodes planifiées à l’avance — décimer les dirigeants (les dirigeants), désagréger toute organisation, détruire, assécher à la racine toute vie politique, toute forme d’organisation sociale, culturelle et économique. Puis massacrer en groupe, en masse, exterminateur. Sur place, sur les routes de la déportation ou dans les déserts. Exterminer par l’épée, le poignard, le fusil, le canon, la hache, les pierres, l’herminette, la masse ou le gourdin. Par la puissance et le feu. Condamner à la famine ou précipiter dans les fleuves ou à la mer…
En un mot : un génocide ! »
Chavarche Missakian, le 9 décembre 1945, dans Face à l’innommable…
