L’astrologie : qu’est-ce ?

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L’astrologie est un ensemble de croyances et de pratiques fondées sur l’interprétation symbolique des correspondances supposées entre les configurations célestes (la position et le mouvement des planètes du système solaire) et les affaires humaines, collectives ou individuelles.

L’astrologie est considérée comme une pseudoscience1,2,3,4, une croyance indûment présentée comme scientifique, ou comme une superstition5.

L’astrologie se place, par sa méthode même, en dehors du domaine rationnel ou scientifique6. Ses prétendues capacités prédictives ont été réfutées par diverses études scientifiques. Elle constitue toutefois une croyance importante au sein de nombreuses sociétés, se déclinant sous différentes formes.

Sur le plan historique, l’astrologie remonte au moins au IIe millénaire av. J.-C. Son origine serait dans les tentatives de prédiction des changements saisonniers et d’interprétation des cycles célestes comme des signes de communication divine7.

De nombreuses cultures ont accordé de l’importance aux événements astronomiques, et certaines — comme les hindous, les Chinois et les Mayas — ont mis au point des systèmes élaborés pour prévoir les événements terrestres à partir des observations célestes.

L’astrologie occidentale, l’un des plus anciens systèmes astrologiques encore en usage, a son origine en Mésopotamie (du XIXe siècle au XVIIe siècle avant notre ère). Elle s’est propagée ensuite au monde hellénistique puis à la Rome antique, au monde arabe et finalement à l’Europe centrale et occidentale.

L’astrologie occidentale contemporaine est le plus souvent associée à des systèmes d’horoscopes qui prétendent expliquer les aspects de la personnalité d’une personne et prédire des événements significatifs dans leur vie future en fonction de la position des objets célestes8,9,10.

Tout au long de son histoire, l’astrologie a appartenu à une tradition savante et était courante dans les milieux universitaires, souvent en relation étroite avec l’astronomie, l’alchimie, la météorologie et la médecine11[source insuffisante]. Elle avait une forte influence sur les milieux politiques. Elle est mentionnée dans divers ouvrages littéraires, de Dante Alighieri et Geoffrey Chaucer à William ShakespeareLope de Vega, et Calderón de la Barca.

À partir de la fin du XIXe siècle et de l’adoption de la méthode scientifique, l’astrologie a été vigoureusement contestée et critiquée tant sur ses bases théoriques que sur ses bases expérimentales. La preuve fut amenée que l’astrologie n’avait aucune validité scientifique2,10,12,13.

Sur le plan sociologique, les croyances associées à l’astrologie sont encore très populaires.

Parallèlement à l’astrologie occidentale, des systèmes différents ont été élaborés en Chine et en Amérique précolombienne mais seules les astrologies d’origines mésopotamienne et chinoise ont perduré jusqu’à nos jours.

Étymologie

Symboles astrologiques des planètes.

Le mot « astrologie » vient du latin astrologia14, lui-même dérivé du grec ancien ἀστρολογία / astrología, composé de ἄστρον / ástron, « astre, étoile », et de λόγος / lógos, « parole, discours ». Étymologiquement, l’astrologie est donc le « discours sur les astres ».

Astrologie et astronomie

Les astronomes grecs de l’Antiquité faisaient déjà la différence entre astronomie et astrologie. Par exemple, Ptolémée traite d’astronomie et d’astrologie dans deux ouvrages distincts, respectivement l’Almageste et le Tetrabiblos.

L’astrologie se fonde sur des calculs astronomiques afin de déterminer les positions des corps célestes et d’établir les thèmes astraux car elle souhaite utiliser les éphémérides les plus précises possibles.

Avant la diffusion à grande échelle de ces éphémérides (ou des logiciels qui les incluent), l’astrologue devait lui-même, souvent à l’œil nu, déterminer les positions des astres. Il lui fallait donc être astronome avant de prétendre être astrologue.

Histoire

Proche-Orient et Europe

Origine astronomique

Triple conjonction entre la LuneVénus et Mercure.

Son support étant les astres, l’astrologie est l’une des pratiques divinatoires particulièrement répandues dans l’histoire des cultures. On peut ainsi citer l’existence spécifique d’astrologies mayaarabeégyptiennechinoiseindienne et bien sûr occidentale (dont il est principalement question dans cet article)[réf. nécessaire].

Mésopotamie

Les premiers écrits connus concernant les astres remontent à 5 000 ans, sous la forme de tablettes d’argile sur lesquelles ont été consignés tous les relevés des mouvements planétaires observés par des prêtres érudits de Mésopotamie15.

Ces observations auraient été faites dans un cadre religieux16. Le mouvement des astres était perçu comme dépendant de la volonté divine ; les prêtres servaient de traducteurs. Leurs connaissances étaient celles d’initiés, les enseignements des temples étant tenus secrets17.

L’astrologie fut longtemps le privilège des seuls souverains. La fonction de prêtre était liée à celle d’astrologue car, dans l’esprit des Babyloniens, des sacrifices ou des rites expiatoires pouvaient concilier les dieux18. Le déterminisme astral pouvait, en principe, être « contré », selon eux, par la magie19.

Le « fatalisme astral » se développa tardivement, après la conquête de la Babylonie par le roi Perse Cyrus en 539 avant notre ère, ce qui amena la confrontation avec la doctrine de Zarathoustra20, qui impliquait un destin individuel et non plus seulement collectif.

La croyance en la prédétermination du caractère et de la destinée ouvrit la voie à l’astrologie individuelle.

Bien que ne s’agissant pas à proprement parler d’« horoscopes » (du grec horoskopos « qui regarde l’heure) » car il n’y est pas encore question du degré du zodiaque qui se lève à l’horizon (physique), les plus anciens « horoscopes » connus proviennent de Babylone et datent de 410 avant notre ère21.

L’historien W. E. Peuckert parle d’une première division du zodiaque en onze secteurs22 opérée par les Sumériens qui serait devenue une division en douze secteurs du fait des Babyloniens.

Égypte antique

Grèce antique

Une citation largement attribuée à Hippocrate (460-377) dit que nul ne peut exercer l’art médical sans connaitre l’astrologie23, mais sans jamais être confirmée par une source fiable.

Platon (428/427-348/347) tient les astres pour « vivants divins et éternels » et les considère comme des « dieux visibles » (Timée, 39e-40d).

Monde hellénistique

[les conquêtes d’Alexandre le Grand (356-323) pendant l’époque hellénistique24. Elle se diffusera en Grèce, en Égypte ptolémaïque et en Inde.

Dans son Histoire de l’astrologie25, Wilhelm Knappich a écrit : « Sous l’influence des philosophes et des mathématiciens grecs, la divination babylonienne qui avait jusque-là un caractère général devint l’astrologie individuelle hellénistique, création étrange se situant entre la religion astrale et la science, entre la spéculation métaphysique et l’expérience objective. Elle est parvenue jusqu’à nous avec ses contradictions et ses énigmes. »

Hipparque (v.190-v.120) découvre la valeur de la précession des équinoxes. Le phénomène lui-même était déjà connu des Babyloniens26.

Rome antique

Claude Ptolémée, gravure.

Du Monde hellénistique, l’astrologie passe au Monde romain.

En Égypte romaine, en 140, l’alexandrin Claude Ptolémée écrit la première synthèse magistrale de l’astrologie occidentale, le Tetrabiblos. Il pose les principes de l’astrologie occidentale.

Ptolémée laïcise l’astrologie hellénistique, ne faisant pas référence aux dieux grecs dans son exposé, ce qui permet sa large diffusion dans les mondes arabe et chrétien du Moyen Âge27.

Compilateur plutôt que praticien, Ptolémée cherche à bâtir un modèle rationnel d’astrologie basé sur la doctrine aristotélicienne (causaliste). Il écarte les éléments qui le gênent28 comme les maisons astrologiques qui ont une faible importance dans le Tetrabiblos29

Successeur d’Hipparque, Ptolémée remplace le zodiaque sidéral, qui prend pour point de repère une étoile fixe (le zodiaque est structuré autour des quatre étoiles dites royales : AntarèsAldébaranRégulus et Fomalhaut) par le zodiaque tropical commençant au point vernal. D’autres l’ont précédé dans cette démarche mais c’est Ptolémée, le « Prince des astrologues », qui influence toute l’astrologie occidentale30.

Vettius Valens (120-175), jugé plus représentatif des pratiques horoscopiques de l’époque, accorde une grande place aux maisons dans son œuvre31.

En Grèce, Claude Galien (129-201) fait de l’astrologie l’un des fondements de la médecine, associée à la théorie des quatre éléments, préexistante32.

Moyen Âge

Le concile de Laodicée (363-364) interdit formellement l’astrologie. En 447, comme toutes les pratiques divinatoires, l’astrologie est mise au ban de la société par l’Église lors du premier concile de Tolède : « si quelqu’un croit devoir ajouter foi à l’astrologie ou à la divination, qu’il soit anathème. »33.

Thomas d’Aquin écrit dans sa Somme théologique34 : « Échappent ensuite à la causalité des corps célestes les actes du libre arbitre, faculté de la volonté et de la raison. L’intellect en effet, ou la raison, n’est pas un corps, ni l’acte d’un organe corporel. La volonté, qui est la tendance correspondant à la raison, ne l’est donc pas davantage. Or, aucun corps ne peut impressionner une réalité incorporelle. Il est donc impossible que les corps célestes fassent directement impression sur l’intelligence et la volonté, car ce serait admettre que l’intelligence ne diffère pas du sens : ce qu’Aristote attribue à ceux qui soutenaient que la volonté des hommes est modifiée par le père des hommes et des dieux, c’est-à-dire le soleil ou le ciel. Les corps célestes ne peuvent donc être directement causes des opérations du libre arbitre. »

Par ailleurs, il précise dans une lettre à Réginald de Piperno : « Loin de nous laisser impressionner par le déterminisme et par la fatalité que propagent les astrologues (même sans le vouloir), libérons-nous, et diminuons les astres. Qu’ils nous éclairent et nous aident, mais sans toucher notre pleine responsabilité et liberté. »[source insuffisante].

Au XIVe siècle, plusieurs monarques européens s’y intéressent :

  • le roi de France Charles V (1338-1380) qui fonde à Paris un collège d’astrologues[réf. nécessaire]. Voir ses rapports avec le « physicien » Gervais Chrétien35.

Aux XVe et XVIe siècles, en Roumanie, le monastère orthodoxe Voroneţ construit en 1488 possède une fresque de style byzantin représentant le Jugement dernier.
On y voit : à gauche, le Paradis avec les saints et l’Arbre de la Vie ; à droite, les enfers avec des démons et le feu qui descend dans les abysses.
En haut, l’image du Christ est entourée, à droite et à gauche, par les signes du zodiaque36 (voir ci-dessous).

Renaissance

Au XVIe siècle, Catherine de Médicis fait élever, dans son hôtel (Hôtel de Soissons), une colonne qui aurait pu servir à consulter les astres37.

Elle rencontra le célèbre Nostradamus et eut plusieurs astrologues personnels, dont le nommé Côme Ruggieri38.

Le judaïsme pour sa part, en dépit de mises en garde dans le Talmud à propos du Mazal – terme qui désigne les constellations – fait largement appel, au Moyen Âge, à l’astrologie pour ses commentaires de la Bible, notamment chez Abraham ibn Ezra, par ailleurs auteur de traités d’astrologie qui seront traduits en ancien français et en latin39.

L’invention de l’imprimerie (vers 1450) permit la diffusion d’éphémérides et d’almanachs. Les éphémérides imprimées favorisèrent la précision de plusieurs techniques prévisionnelles, au rang desquelles on compte les progressions et révolutions solaires40.

Astrologie et alchimie

Voir Thierry Miguet41.

Héliocentrisme et remise en question de l’astrologie

À la Renaissance, la découverte de l’héliocentrisme du Système solaire vient mettre à mal, selon certains, l’anthropocentrisme de l’astrologie : Pic de la Mirandole (dont les arguments seront repris par le religieux Jérôme Savonarole (1452-1498) l’a condamnée. Des astronomes, comme GaliléeKeplerTycho Brahe et Cassini (premier directeur de l’Observatoire de Paris), ont eu des positions plus nuancées.

Galilée (1564-1642)

Galilée ne doutait aucunement de la valeur de l’astrologie, bien au contraire : cela lui valut ses premiers ennuis avec l’Inquisition42[source insuffisante].

Depuis le Moyen Âge, et Thomas d’Aquin en particulier, il s’exerçait une lutte d’influence au sujet des événements célestes : Roger Bacon, « père de l’empirisme moderne », en aurait été une des premières victimes, puisqu’il aurait été emprisonné pour avoir osé affirmer que la naissance de Jésus de Nazareth était sous l’influence d’une grande conjonction (conjonction JupiterSaturne).

Le clergé surveillait ces astrologues qui, au cours de leurs prédictions, tendraient à franchir la limite qui sépare l’astrologie et la théologie, et remplaceraient la grâce de Dieu par le déterminisme des astres. Galilée, dont on a conservé notamment le thème et celui d’une de ses filles, voyait les planètes comme d’importants facteurs causaux dans le développement de la personnalité, sans toutefois être aussi déterministe que ses accusateurs le prétendaient43. En effet, en 1604, un de ses domestiques, Signor Silverstro, l’aurait dénoncé aux autorités entre autres pour avoir professé une doctrine du fatalisme astral, pour (haver ragionato che le stelle, i pianeti at gl’influssi celestine necessitino. « avoir raisonné que les étoiles, les planètes et les influences célestes déterminaient (les événements) », accusation de la plus grande gravité pour l’Inquisition42[source insuffisante].

Loin de se rétracter lors de la publication du texte fondateur de l’astronomie moderne, le Sidereus nuncius, où il décrit le comportement des corps gravitant autour de Jupiter, il récidive, en appelant, comme il le fera lors de sa confrontation avec Bellarmin, à l’observation plutôt qu’à la théorie44, à la persuasion des non-scientifiques plutôt qu’aux argumentations avec les tenants des dogmes établis45.

« Alors, qui ne sait pas que la clémence, la bonté du cœur, la douceur des mœurs, la splendeur de sang royal, la noblesse dans les fonctions publiques, une vaste étendue d’influence et de pouvoir sur les autres, qui ont tous fixé leur demeure commune et siègent en votre Altesse — qui, dis-je, ne sait pas que ces qualités, en fonction de la providence de Dieu, de qui toutes les bonnes choses viennent, émanent de l’étoile la plus bénigne, de Jupiter ? », une émanation relayée par l’ascendant de son Altesse :
« Jupiter, Jupiter, dis-je, au moment de la naissance de Votre Altesse avait déjà passé la lenteur des vapeurs ternes de l’horizon et occupait le Milieu du Ciel, à partir de quoi il éclairait l’angle de l’Est… » (angle de l’Est qui était régi par Jupiter puisque le monarque avait le Sagittaire à l’ascendant, comme le souligne Galilée43.

Dès lors, il peut paraître étonnant que Galilée, tout comme Kepler, aient entretenu des doutes sur la place véritable de l’astrologie au sein de la science. Tandis que Kepler voyait dans la bonne astrologie une indication de tendances générales, et surtout une branche fondamentale de la philosophie46, Galilée exprimait son étonnement devant le déterminisme astral absolu d’un Morin de Villefranchemathématicien à Paris :

« Je suis étonné que Morin tienne en une estime extrêmement élevée l’astrologie judiciaire [l’astrologie prédictive] et sa conviction que ses conjectures (qui me semblent incertaines, sinon très incertaines) puissent établir la certitude de l’astrologie, et ce serait vraiment une chose merveilleuse si — comme il le promet — il pouvait, rusé comme il est, placer l’astrologie à la plus haute position des sciences de l’homme, et je vais attendre avec beaucoup de curiosité de voir cette innovation merveilleuse. »
Johannes Kepler (1571-1630)

Dans la préface de ses Tables rudolphinesKepler fait observer que « l’astrologie, toute folle qu’elle est, est la fille d’une mère sage, et que la fille folle est indispensable pour soutenir et faire vivre sa mère ».
Ce commentaire sera interprété par Voltaire, dans son Traité sur la tolérance (1767), de manière restrictive : « La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage ».
La citation de Kepler a été souvent déformée47,48 pour soutenir la thèse que les grands esprits de la Renaissance, comme Galilée, Cassini ou Kepler, n’étaient astrologues que par contrainte, pour avoir les moyens de s’adonner à la véritable science :

« Souvent les travaux astrologiques de Kepler et Tycho Brahe sont invoqués par les défenseurs de cette pseudo-science. Kepler est pourtant très clair sur sa valeur et justifie sans ambiguïté la pratique des prédictions en disant que la vénale astrologie permettrait à l’astronomie de vivre. »

— Éric Lindemann (1999) L’Astronomie mécanique : une introduction par l’histoire de l’astronomie49

Elle ne visait pourtant que l’astrologie populaire, tant décriée pour ses excès et superstitions : « La philosophie, et par conséquent l’astrologie authentique, témoigne de l’œuvre de Dieu et est donc sacrée. Ce n’est en aucune manière une chose frivole. Pour ma part, je ne souhaite pas la déshonorer. »46 Dans le titre d’un manifeste adressé aux intellectuels de son temps, Kepler leur demande d’écouter, dans cette controverse sur l’astrologie, une troisième voix, d’où son titre abrégé, Tertius Interviens (Warnung an etliche Gegner der astrologie das Kind nicht mit dem Bade auszuschütten — « avertissement aux adversaires de l’astrologie afin qu’ils ne jettent pas le bébé avec l’eau du bain »). La première (celle des médecinsphilosophes et théologiens) ordonne d’abandonner l’astrologie, qui ne serait qu’une superstition — la « fille folle de l’astronomie ». La seconde, celle des astrologues populaires, voudrait la conserver, avec toutes ses superstitions.

« J’ai souvent exprimé combien il était mal avisé de rejeter une chose complètement à cause de ses imperfections; par ce procédé, même la science médicale n’aurait été épargnée (…) Un nombre modeste de prédictions d’événements (de nature générales) effectuées au moyen de la prédiction des mouvements célestes sont bien fondées dans notre expérience50 »

— Johannes Kepler, Tertius Interviens, 1610. Extraits traduits dans Kepler’s Astrology (Excerpts selected and translated) Dr Kenneth G. Negus En ligne [archive].

Isaac Newton (1642-1727)

Newton étudie l’astrologie « pour voir ce qu’il y a de vrai ». Pour des raisons religieuses, il s’opposait à l’astrologie judiciaire, mais ne contestait pas pour autant un lien astrologique entre les astres et les affaires humaines51.

Dans sa Chronology of Ancient Kingdoms, Amended (Chronologie des anciens royaumes, amendée), il décrit comment l’astrologie serait née de sa mère, l’astronomie : « After the study of astronomy was set on foot for use of navigation […] and Nechepsos (sic) or Nicepsos (sic) King of Sais, by the assistance of Petosiris a Priest of Egypt, invented Astrology, grounding it upon the aspects of the Planets, and the qualities of the men and women to whom they were dedicated […] »52.

Époque moderne

L’Astrologue qui se laisse tomber dans un puitsJean de La Fontaine, Livre II, Fable 13.
Jacques DumontAllégorie de l’astrologie, 1743.

En France, lors de la création, en 1666, de l’Académie des Sciences et sous la pression des jésuitesColbert « excluera l’astrologie des disciplines officiellement reconnues »53.

La même année, le poste d’astrologue royal est supprimé54.

Jean de La Fontaine s’inspire d’une fable d’Ésope pour sa fable L’Astrologue qui se laisse tomber dans un puits (Livre II, Fable 13).

L’astrologie est considérée par les penseurs des Lumières comme l’exemple archétypal de la superstition, de la croyance dans des forces occultes et supérieures55. Pour eux, combattre l’astrologie semble relever d’un engagement politique en faveur de la laïcité et du rationalisme et du combat contre l’obscurantisme.

  • « La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage. » (Voltaire).
  • « Aujourd’hui, le nom d’astrologue est devenu si ridicule qu’à peine le bas peuple ajoute-t-il quelque foi aux prédictions des almanachs. » (Encyclopédie de Diderot, article sur l’astrologie)56[source insuffisante].
L’Astrologie par François-André Vincent (1811). Collection de peintures de l’État de Bavière.
  • En France, l’astrologie se cantonne désormais à des milieux ésotérico-clandestins (spiritismekabbalethéosophie, etc.)57.
  • En Grande-Bretagne, son statut évolue avec le théosophe Alan Leo (1860-1917) qui en fait plus un outil d’analyse caractérologique qu’un moyen de prédiction. Il soutient que Le caractère fait le destin58.

À partir de 1920, l’astrologie se popularise à nouveau59.

Dans les années 1960, l’astrologie trouve sa place dans le mouvement New Age.

Par ailleurs, à la suite de la naissance de la mécanique quantique développée au début du XXe siècle, les astrologues, qui se targuent de science, revendiquent la remise en cause du principe de séparabilité60. En effet, alors que selon la science classique, l’observateur est distinct de la chose observée, l’astrologie considère que l’homme est dans l’Infini et que l’Infini est extérieur à l’homme, mais aussi que l’Infini est en l’homme61, ce qui fonde une logique astrologique bien distincte de la Logique d’Aristote62.

Astrologie arabe

Zodiaque arabo-musulman.

En 529, l’empereur Justinien fait fermer les écoles de philosophie d’Athènes. Les érudits de l’époque, les maîtres du néo-platonisme, se réfugièrent à Gundishapur chez les Sassanides de Perse.

L’astrologie arabe s’est développée grâce à l’afflux des érudits perses, syriens, juifs, etc. qui, à partir de 850 affluèrent vers les nouveaux centres intellectuels créés par les califes.

Le juif Mashallah, par exemple, vécut à la cour d’Al Mansur. Il fut l’auteur d’une vingtaine de traités d’astrologie63.

À la demande des califes, les auteurs de l’Antiquité, notamment Aristote, furent traduits en arabe, souvent depuis le persan ou le syriaque. Vers 850, Alkindi (c’est-à-dire Ya’ kûb ibn Isâk Sabbâh al Kindi), originaire de Bassorah, traduisit de nombreux textes en arabe, dont ceux d’Aristote. Il écrivit aussi plus de 200 traités sur de nombreux sujets, dont l’astronomie. Une de ses contributions la plus importante fut sa doctrine des conjonctions entre les planètes et leur influence sur les phénomènes naturels et sur les impulsions donnant naissance aux grands événements historiques.

Son disciple, Albumasar (mort en 886) fut un astrologue de Bagdad qui propagea les idées d’Al-Kindi dans son « Liber magnarum coniunctionum », lequel eut une forte influence sur l’astrologie du Moyen Âge64.

Un autre astrologue important fut Thébit (mort en 901).
Il vécut à Bagdad et devint l’astrologue du calife.

Aux XIVe et XVe siècles, le Kitab al-Bulhan est rédigé.

À la suite de l’occupation de l’Espagne par les Maures, l’intérêt pour l’astrologie revient en Occident au Moyen Âge63.
Pierre A. Riffard65 date le début de l’astrologie occidentale de 1135 avec la traduction de l’arabe à Tolède.

Astrologie indienne

Extrême-Orient

Principes

Une carte du ciel préparée pour un thème astral.

L’astrologie et le thème astrologique se basent sur trois séries :

  • celle des sept errant(e)s d’origine (visibles à l’œil nu) : Soleil et Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. L’astrologie étant géocentrique, la Terre est au centre du diagramme.
Ont été ajoutées, à partir du XIXe siècle, les planètes Uranus et Neptune, puis Pluton (devenue planète naine en 2006).
Certains ont de même ajouté les autres planètes naines, voire les astéroïdes et les comètes.

Tous ces éléments ont leur symbolique propre.

Le but de l’astrologie est de valider l’hypothèse que ces éléments sont en relation les uns avec les autres, et que leurs dispositions sont en rapport avec les faits terrestres.

Seules les planètes sont concrètes. Les constellations ne sont que des formes arbitraires vues de la Terre. Dans la réalité, elles sont composées d’étoiles qui ne sont pas dans la même région galactique. Quant aux maisons, elles n’ont aucune existence réelle.

Ces différents éléments sont étudiés dans les paragraphes suivants.

Astrologie classique, dite « tropicale »

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Position de la bande zodiacale au fil de l’année.

L’image ci-contre indique les quatre sphères représentant les positions du Soleil au début de chaque saison. Le plan horizontal vert représente la terre ferme (l’horizon physique) pour une personne située sur le 50e parallèle. Noter la trajectoire de ces sphères et la durée de leur trajet au-dessus et en dessous de l’horizon, ainsi que les lieux de leurs couchers et levers. Les cercles verts et rouges représentent les tropiques et l’équateur, respectivement, projetés dans le ciel.

Le zodiaque, dit tropical, est le zodiaque des saisons. L’animation ci-contre, qui décrit les quatre cas de figure correspondant aux levers et couchers du soleil au début de chaque saison, s’applique également aux planètes du système solaire puisqu’elles sont toutes plus ou moins sur l’écliptique (qui est représenté ici par le disque bleu). Se levant vers l’est et se couchant vers l’ouest66, ces quatre sphères représentant le soleil décrivent le comportement des planètes sur le plan de l’écliptique, à la différence près que leurs levers et couchers peuvent survenir à n’importe quel moment de la journée (exceptions faites de Mercure et Vénus, dont le passage à l’horizon est toujours juste « avant » ou juste « après » celui du soleil). Le cercle vert « en bas », au sud, correspond au tropique du Capricorne et au signe ainsi nommé ; le cercle « en haut », au nord, correspond au tropique du Cancer et au signe qui porte ce nom. Ainsi, une planète en Capricorne est une planète qui, comme le soleil au début de l’hiver, séjourne longtemps chaque jour sous l’horizon, invisible, et s’élève peu dans le ciel (pour les latitudes nord).

Les douze divisions du zodiaque tropical sont fondées sur ces données de base. Les signes cardinaux sont définis par les axes des solstices et des équinoxes, et correspondent aux premiers mois de chaque saison.

Les signes mutables sont ceux qui précèdent les signes cardinaux (ce sont les signes des mutations qui précèdent l’avènement d’une nouvelle saison) et les signes fixes sont les quatre secteurs de l’écliptique qui restent ; ils ne se définissent pas par rapport à un seul axe, mais à deux.

Ce système ne dépend pas de la position des constellations astronomiques actuelles, ce qui fait dire aux auteurs de Devenez sorciers, devenez savants67 : « Les astrologues tropiques contemporains utilisent ainsi bêtement des signes rectangles, zones vides et immatérielles dénuées de toute consistance, de toute entité stellaire. »[réf. souhaitée].

Astrologie sidérale

L’astrologie sidérale ne se fie qu’aux constellations[réf. nécessaire]. Pour certains astrologues, le décalage du référent de l’astrologie (le Zodiaque tropique) avec la réalité physique qui a fait dire aux astronomes que l’astrologie n’a rien de « scientifique » aurait une pertinence (sauf pour l’école sidéraliste, qui ne se fie qu’aux constellations), et serait même fondamental. Car c’est sur ce décalage, dû à la précession des équinoxes, que se fonde leur théorie des âges ou ères astrologiques, dont la fameuse Ère du Verseau à venir68.

La précession des équinoxes et l’ayanamsa

L’écart entre les positions (constellations, signes, planètes, etc.) utilisées par la plupart des astrologues est d’environ 24 degrés par rapport aux positions que l’on peut voir en regardant le ciel. En pratique (astrologie « tropicale »), ceux qui pensent être dans un signe (position du Soleil) rétrogradent dans le signe précédent s’ils appartiennent aux 24 premiers degrés (sur 30) ; seuls ceux qui sont dans les 6 derniers degrés restent dans le même signe, mais passent dans le premier décan.

Ce décalage est l’argument principal mis en avant par Georges Charpak et Henri Broch dans leur livre Devenez sorciers, devenez savants contre l’astrologie contemporaine.

L’astrologie « sidérale » (très minoritaire parmi les astrologues occidentaux) intègre l’ayanamsa et considère que le zodiaque est lié aux constellations visibles.

L’astrologie « tropicale » n’intègre pas le décalage de l’ayanamsa et place son premier signe (le Bélier) à l’équinoxe de mars, appelée « point vernal ». L’astrologie populaire (horoscopes des journaux occidentaux) est basée sur l’astrologie tropicale.

Les sept astres d’origine

Ce sont les sept astres visibles à l’œil nu : Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.

Les autres planètes

Aux XIXe et XXe siècles, ont été ajoutées les planètes Uranus et Neptune, ainsi que Pluton (rétrogradée par les astronomes au rang de planète naine en 2006).

Autres corps célestes

Certains astrologues ont inclus dans leurs thèmes d’autres corps célestes découverts aux XXe et XXIe siècles[réf. nécessaire] (voir, entre autres, (2060) Chiron (1977), Sedna (2003), Éris (2005), etc.).

Richard Doyle mentionne les astéroïdes69.

D’autres y ajoutent les comètes (voir discussion70).

Influence des planètes

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L’argument d’une influence gravitationnelle a parfois été avancé pour justifier l’existence d’une action à distance71.

À ce jour, aucun effet direct des planètes sur le corps humain n’a été rigoureusement observé. Par ailleurs, les forces d’attraction gravitationnelle en jeu lors du simple phénomène d’attraction TerreLune sont, à l’échelle du nouveau-né, infiniment moins importantes que celles qu’exercerait la sage-femme72[source insuffisante],73.

Les recherches statistiques (voir Étude statistique de l’astrologie), qui auraient pu permettre de déceler une régularité des phénomènes astrologiques (influences), ne permettent pas de conclure à l’existence d’une telle régularité.

Problème des saisons

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Le symbolisme des signes astrologiques est lié à la saison prévalente dans l’hémisphère nord : le Bélier est le signe du printemps, le Capricorne est le signe de l’hiver, etc.).

Cependant, dans l’hémisphère sud, les saisons sont inversées, ce qui n’est pas sans poser un problème quant à la validité du modèle astrologique.

  • Les partisans de l’astrologie sidérale trouvent là un argument pour défendre leur cause.
  • François Villée, partisan de l’astrologie tropicale, résout ce problème en disant que chaque signe a un signe opposé qui lui est complémentaire dans sa façon principale d’aborder l’existence, d’où la nécessité de « travailler non pas par signe mais par axes de deux signes opposés et complémentaires »74.

Formes et courants de l’astrologie

L’astrologie, au début du XXIe siècle, est composée de pratiques et d’approches très différentes, au point qu’il est plus juste de parler d’astrologies au pluriel.

Il existe de nombreuses écoles : astrologie psychologiqueastrologie conditionalisteastrologie karmiqueastrologie humanisteastrologie sidéraleastrologie chinoiseetc.

Ces pratiques astrologiques diffèrent à la fois par leurs symboliques, par les techniques utilisées, et selon les objets ou domaines auxquels elles sont appliquées, que ce soit, par exemple, en psychologie, ou comme technique de prévision (politique, bourse), en médecine, ou encore en politique (Astrologie mondiale). La symbolique des astres et de leurs mouvements est très souple, pouvant changer suivant le contexte et l’école de l’astrologue[réf. nécessaire].

Si la pratique de base reste l’établissement d’une carte du ciel, l’astrologie occidentale est en constante évolution, ce qui induit un certain nombre de divergences entre astrologues.

Au XXe siècle, l’astrologie a connu un regain d’intérêt avec une approche nouvelle. Des statisticiens abordèrent cette discipline à l’aide d’une approche statistique.
Madame Soleil a déclaré, dans son livre d’entretiens Le cœur dans les étoiles (page 212) : « il n’y a qu’une chose qui ne soit pas du temps perdu, c’est d’attraper le copain qui est dans la détresse, et d’essayer de l’en sortir ». Le « pourquoi ? » ne l’intéresse pas. Elle déclare dans le même livre : « C’est infiniment plus utile que de chercher à comprendre les infinis qui nous dépassent » ; pour elle, seul compte le « pour quoi ? ».

Daniel Kunth et Philippe Zarka dégagent deux postures opposées d’astrologues : ceux qui se diraient scientifiques, et ceux qu’ils dénomment « métaphysiciens ». Alors que les premiers utilisent les statistiques et l’outil informatique pour définir leurs prédictions, les seconds n’y accordent aucune importance et interprètent seulement des symboles, à l’instar des tarologues, car pour eux, tenants de la synchronicité, il n’y a pas de hasard ; « tout possède une signification », l’astrologie étant une grille de lecture psychologique75.

Certains astrologues considèrent que leur discipline n’a pas pour but premier la prédiction de l’avenir76, l’astrologie pouvant notamment être une voie du développement personnel77,78.

Astrologie et psychanalyse

Carl Gustav Jung (1875-1961) défend les concepts de symbolisme, de synchronicité (le fait d’être synchrones pour des événements n’ayant aucun rapport de cause à effet) et d’archétype.

Il craint que dans le domaine de l’astrologie « l’influence niveleuse des grands nombres » rende impossible de prouver quelque chose par la méthode statistique79.

Au cours de son exploration des symboles anciens, Jung dit découvrir, contre toute attente, une relation entre l’astrologie et la psychologie : « Ce qui est surprenant, c’est qu’il y a vraiment une curieuse coïncidence entre les faits astrologiques et les faits psychologiques, de sorte que l’on peut isoler un moment dans le temps à partir des caractéristiques d’un individu, et aussi, l’on peut déduire des caractéristiques d’un moment dans le temps. »80.

Controverses

L’astrologie est depuis longtemps un sujet de controverse théologique, philosophique (dont épistémologique) et scientifique.

Condamnée dans le judaïsme et le christianisme, l’astrologie, au même titre que tous les arts divinatoires, est interdite par la Bible81.
Dès le IVe siècle, Augustin d’Hippone (De civitate Dei, VIII et XIX) s’élève, sur cette base, contre la confusion faite entre l’astrologie et l’astronomie.

L’astrologie n’est pas reconnue comme une science à cause de son absence de bases rationnelles et de preuves expérimentales. Elle n’a jamais proposé le moindre modèle de théorie expliquant ses affirmations et n’a pas le caractère de réfutabilité nécessaire pour être acceptée comme théorie scientifique.

L’astrologie n’ayant pas de cadre de référence rigoureux (méthodologie scientifique, recherche reconnue, publication scientifique vérifiée, etc.), elle a pu et est encore souvent utilisée par des charlatans ou des escrocs.

Se référant au principe fondamental qu’il n’y a pas d’effet sans cause, la science relève deux objections majeures quant à la réalité des phénomènes mis en jeu :

  • l’absence d’effet : les prédictions astrologiques ne font pas mieux que le hasard ;
  • l’absence de cause : il n’y a aucun mécanisme justifiant une quelconque influence astrale.

Une autre critique de l’astrologie tient dans les modifications que les astrologues eux-mêmes introduisirent dans leurs méthodes pour prendre en compte les planètes du système solaire au fur et à mesure de leurs découvertes.

Par exemple, Pluton n’est associée au signe du Scorpion que très récemment puisqu’elle n’a été découverte qu’en 1930. Elle n’est plus considérée comme une planète depuis 2006 et sa masse est inférieure à celle de la planète naine Éris[réf. nécessaire]82.

L’image de l’astrologie est négative (charlatanesque) dans les milieux scientifiques, comme dans l’affaire Michel Maffesoli – Élizabeth Teissier83.

La motivation de la lutte contre l’obscurantisme n’est pas en soi un argument contre l’astrologie. Elle peut néanmoins sous-tendre un discours réellement argumenté. La confusion entre les dimensions idéologiques et argumentatives génère un débat souvent stérile, difficilement analysable84.

Malgré l’apparence scientifique que pourraient donner l’usage affiché de calculs compliqués, la précision des dates de naissance (heure, géographie, etc.) et le recours quasi systématique à l’ordinateur, l’astrologie est considérée comme une pseudo-science (ou superstition) par la communauté scientifique. Pour les astronomes notamment, le Soleil a été relégué au rang d’une étoile parmi d’autres au sein de la Voie lactée, laquelle a été ramenée au statut d’une galaxie parmi des milliards d’autres au sein du cosmos.

Par ailleurs, comme le souligne l’historien de l’astrologie Jacques Halbronn85, après la découverte de Neptune et de Pluton, l’astrologie s’est vue contrainte de retourner aux images pittoresques de la mythologie (car la cohérence liée aux corrélations à base 7 du septénaire des planètes déjà connues s’était effondrée), ce qui lui ôte de la crédibilité scientifique.

D’après les partisans (critique positive)

Selon Robert Hand, une « future science de l’astrologie » devrait avant tout s’occuper du paradigme « mécanistematérialiste » dominant et, seulement en second lieu, s’investir dans l’amélioration de la pratique astrologique actuelle. La science et l’art de l’astrologie devraient être distingués.

Les difficultés qu’il y a à édifier une science de l’astrologie ne sont pas seulement attribuables au fait que « plusieurs idées astrologiques sont si mal formulées, si vaseuses (en anglais : « mushy ») que personne…..

source : wikipedia

photo : pixabay

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