Génocide arménien non-endossé par les gouvernements turcs & épuration ethnique ….:OTC

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ARTSAKH – ARMÉNIE
NAM (Nouvelles d’Arménie)
4 avril 2025
L’Azerbaïdjan exige de l’Arménie des « cartes précises des champs de mines »
Dans une interview accordée à la publication « Envoyé », le porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Ayhan Hajizadeh, s’est plaint de la « précision insuffisante » des cartes des champs de mines fournies par l’Arménie.
« Bien que l’Arménie ait fourni quelques cartes sous la pression internationale, elles ne couvraient qu’une petite partie des zones minées et n’étaient précises qu’à 25 %. Plus de 55 % des explosions de mines récentes se produisent dans des zones non couvertes par ces cartes » , explique A. Hajizadeh.
Selon lui, « bien que les cartes arméniennes montrent l’emplacement d’environ 400 000 mines sur les territoires azerbaïdjanais, le nombre réel est d’environ 1,5 million.
Cette approche de l’Arménie face à la menace des mines constitue une nouvelle étape vers la paix et la consolidation de la confiance dans la région après le conflit. À cet égard, nous estimons qu’il est impératif que la communauté internationale prenne des mesures cohérentes pour condamner la menace des mines émanant de l’Arménie, et nous attendons de Yerevan qu’elle fournisse des cartes précises de toutes les zones minées qui n’ont pas encore été entièrement transférées à l’Azerbaïdjan. Il est impératif que l’Arménie fournisse des cartes précises de toutes les zones minées afin de garantir le retour en toute sécurité des personnes déplacées à l’intérieur du pays et la reconstruction des zones touchées » .
Krikor Amirzayan
Nor Haratch
3 avril 2025

La mission de l’UE en Arménie marque sa 5000e patrouille

La mission de l’Union européenne (UE) en Arménie a publié le 2 avril un communiqué indiquant qu’elle a complété sa 5000e patrouille.
« La mission de l’Union européenne en Arménie est fière de marquer aujourd’hui un événement important – depuis la création de la mission, nous avons complété notre 5000e patrouille. Notre engagement est de soutenir la paix dans la région. Nous vous remercions pour la confiance qui nous a été accordée », indique le communiqué publié par la mission.
Nor Haratch
3 avril 2025

ARMÉNIE – ALLEMAGNE – La visite du président allemand en Arménie

Le 31 mars, le président allemand Frank-Walter Steinmeier est arrivé en Arménie pour une visite de deux jours. Le même jour, il a rendu hommage à la mémoire des martyrs canonisés du Génocide arménien à Tsitsernakaberd.
Le président allemand était accompagné du ministre arménien de l’Économie Gevorg Papoyan, du vice-ministre des Affaires étrangères Vahan Kostanian et des ambassadeurs accrédités dans les deux pays.
Les invités ont été accueillis par la directrice du Musée-Institut du génocide arménien, Edita Gzoyan, qui a présenté l’histoire de la création du mémorial. Elle a également évoqué les trois khachkars (croix de pierre) installés sur le territoire de Tsitsernakaberd à la mémoire des Arméniens victimes des massacres organisés par le gouvernement azerbaïdjanais à la fin du siècle dernier dans les villes azerbaïdjanaises de Sumgait, Kirovabad (Gandzak) et Bakou, soulignant le lien entre ces événements et le génocide arménien.
Le président allemand a déposé une gerbe au monument commémorant les victimes du Génocide arménien, puis les invités ont observé une minute de silence en hommage à la mémoire des victimes innocentes du génocide.
Puis, la directrice du musée les a conduits près du Mur du Souvenir, dans les niches spéciales où sont conservées de petites urnes contenant de la terre prélevée des tombes de plusieurs personnalités non-arméniennes, figures politiques et sociales, intellectuels et missionnaires qui ont élevé leur voix contre les massacres de masse et le Génocide des Arméniens perpétrés par le gouvernement turc à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.
Les invités ont écouté avec grand intérêt les informations communiquées sur les activités pro-arméniennes des Allemands Johannes Lepsius et Armin Wegner.
Accord de coopération entre Erevan et Leipzig
Dans le cadre de la visite du président allemand en Arménie, un accord de coopération a été signé entre les villes d’Erevan et de Leipzig en vue d’organiser une année culturelle.
Le président allemand a visité le centre TUMO
Accompagné du président arménien, le président allemand a visité le centre TUMO et s’est familiarisé avec les activités de ce centre d’innovation technologique de renommée mondiale.
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Après Erevan, Frank-Walter Steinmeier devait se rendre à Bakou.
Protestation de Bakou auprès de l’ambassadeur allemand concernant la publication du drapeau de l’Artsakh sur les réseaux sociaux par le président Steinmeier
Le 31 mars, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a remis une note de protestation à l’ambassadeur allemand concernant la publication du drapeau de l’Artsakh sur les réseaux sociaux par le président Steinmeier. L’information est communiquée par le ministère des Affaires étrangères de ce pays.
Notons que le président allemand lors de sa tournée régionale, avait publié sur les réseaux sociaux une photo avec le drapeau de l’Artsakh et avait abordé le sujet des Artsakhiotes. Dans sa publication, il avait notamment souligné que l’Artsakh était peuplé majoritairement d’Arméniens.
Le chef de cabinet du président allemand a présenté ses excuses
Le lendemain, le 1er avril, le chef de cabinet du président allemand a présenté ses excuses à l’Azerbaïdjan pour la publication de la photo du drapeau de l’Artsakh et pour avoir abordé le sujet des Artsakhiotes.
« Dès que l’erreur a été aperçue, la publication en question a été immédiatement supprimée. Cette publication a été faite suite à une erreur technique et n’a aucune signification dans le cadre de la position bien connue de l’Allemagne sur l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan. Je suis très contrarié par cette erreur et je tiens à présenter sincèrement mes excuses pour l’émoi que la publication pourrait causer à certaines personnes en Azerbaïdjan. La prochaine visite du président vise à renforcer le partenariat germano-azerbaïdjanais et à soutenir le processus de paix en cours dans la région » , souligne notamment la lettre envoyée à Hikmet Hadjiev, assistant du président azerbaïdjanais.
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Autrement dit, l’Artsakh et sa population arménienne n’auront eu droit à l’« existence » que juste le temps du séjour en Arménie du Président de l’Allemagne, à l’instar de beaucoup d’autres dirigeants d’ailleurs, qui pendant leur visite à Erevan ou lors d’une rencontre avec leurs homologues arméniens disent une chose, et une fois la visite ou la rencontre terminée, en disent une autre. Pour ne pas citer une expression bien connue de « nos amis turcs » : « À chaque pouls, sa dose nécessaire de perfusion ». ■
NAM (Nouvelles d’Arménie)
4 avril 2025

Décryptage : Le concept « mystérieux » entre Erevan et Bakou, par Hakob Badalyan

« Je pense que le public connaîtra bientôt le concept avec lequel nous devons avancer vers la signature d’un traité de paix », a déclaré le ministre de la Justice d’Arménie à Erevan. Mais de quel « concept » s’agit-il ? Mystère pour l’instant. Aucune précision n’a été donnée, si ce n’est que cela devrait être rendu public prochainement.
Pendant ce temps, à Bakou, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a de nouveau martelé ses conditions préalables à la signature du traité de paix, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président allemand. Parmi elles : la dissolution de la coprésidence du Groupe de Minsk et l’adoption par l’Arménie d’une nouvelle Constitution – rien de moins.
Quel est donc ce « concept » que développe Erevan pour faire face à de telles exigences ? Et at-il un lien avec la visite du président allemand Steinmeier, qui s’est rendu à Bakou après un passage à Erevan, dans le cadre d’une tournée régionale ?
À Bakou, Walter Steinmeier a jugé la signature d’un traité de paix non seulement importante, mais également réalisable – et comprise sur la base des conditions avancées par l’Azerbaïdjan. Ces propositions, rapportées par les médias azerbaïdjanais, n’ont suscité aucune réaction officielle de la part d’Erevan… ni de Berlin. On peut donc raisonnablement penser que le président allemand a bel et bien tenu ces propositions, et qu’ils s’appuient sur les échanges qu’il a eus à Erevan.
Faut-il en conclure que le fameux « concept » évoqué par le ministre arménien de la Justice a été présenté en amont au président allemand par Nikol Pashinyan, avant toute communication publique ? Et, dans ce cas, Steinmeier aurait-il joué le rôle d’intermédiaire entre Erevan et Bakou, transmettant un projet de feuille de route, ou un embryon de traité, aux autorités azerbaïdjanaises ?
Il y a quelques jours, Nikol Pashinyan a appelé publiquement, via une publication Facebook, à l’ouverture de consultations pour la signature du traité de paix. L’Azerbaïdjan, de son côté, n’a toujours pas répondu à cette proposition.
Aujourd’hui, un ministre arménien parle d’un « concept » censé mener à la signature du traité. Les deux capitales semblent donc engagées dans une négociation indirecte sur le texte, chacune transmettant ses options à distance. Le canal de communication reste flou.
Souvenons-nous : lorsque Erevan a annoncé avoir reçu la première version du projet transmis par Bakou, on a appris quelques jours plus tard qu’il avait accepté deux des propositions de l’Azerbaïdjan. Ce qui a conduit à l’annonce, pour le moins surprenante, de la fin des négociations sur le texte.
Si Erevan a bien transmis, par l’intermédiaire de Steinmeier, un « concept » en guise de réponse, devons-nous comprendre que les consultations proposées par Pashinyan commencent désormais sous forme de « messages passés » ? Et surtout : pour que ces discussions sur le consentement, Ilham Aliyev devra-t-il renoncer à ses exigences maximalistes ? Ou bien Nikol Pashinyan envisage-t-il de les accepter… soigneusement enveloppées dans un concept aussi diplomatique que nébuleux ?
Hakob Badalyan
NAM (Nouvelles d’Arménie)
4 avril 2025

Le président arménien a signé la loi sur le lancement du processus d’adhésion de l’Arménie à l’UE

Le Président de la République d’Arménie, Vagagn Khatchatourian a signé la loi sur le lancement du processus d’adhésion de l’Arménie à l’Union européenne. Nous l’apprenons sur le site officiel du Président de la République d’Arménie.
« Le 4 avril, le président de la République Vahagn Khatchatourian a signé les lois portant ratification de l’accord entre le gouvernement de la République d’Arménie et le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong de la République populaire de Chine visant à éviter la double imposition des revenus et à prévenir l’évasion et le contournement fiscal, sur le lancement du processus d’adhésion de la République d’Arménie à l’Union européenne et sur les modifications et compléments au Code des impôts de la République d’Arménie » indique le site officiel de la Présidence de la République d’Arménie.
Krikor Amirzayan
Nor Haratch
3 avril 2025
PATRIMOINE – LE RICHE PASSÉ DE LA GANDZAK CHRÉTIENNE – 3
De Gandzak à Kirovabad et Gandja
Le nom de Gandzak qui est donné par les Arméniens à la ville comme au canton éponyme proviendrait du mot « Gandz » qui signifie « trésor » en arménien. Le dictionnaire toponymique de l’Arménie et des régions voisines édité à Erevan entre 1986 et 2001 (1) recense une dizaine de lieux, villages, divisions ou subdivisions administratives, portant ce nom dans différentes régions de l’Arménie historique.
Le nom de la ville de « Gandja » qui est aujourd’hui la deuxième ville d’Azerbaïdjan (2) dériverait donc de ce mot arménien. Le canton du Gandzak est également connu dans l’histoire sous le nom de Շ֡րրրրրespace. Le célèbre moine mékhitariste et arménologue Léonce Alichan (1820-1901) consacre un chapitre très documenté à la région dans son ouvrage publié à Venise en 1855 (3). Plus récemment, cette région a été étudiée et décrite par Samvel Karapetian et Sergey Yeremiants (4).
Un centre majeur du monde arménien médiéval
La ville qui compte de nos jours près de 350 000 habitants est née d’une histoire complexe. Elle se situe sur le territoire de la province historique d’Outik (5) en Grande Arménie, une région que les historiens et géographes arméniens anciens nommaient Confins de l’Arménie orientale (6). De nombreuses sources concernant la ville de Gandzak et sa région sont de provenance arménienne (7). Selon ces sources, la ville aurait été fondée en 859-860 par Mohammed-Ibn-Khalid, un gouverneur arabe de la région (8). La Géorgie et l’Arménie étaient à cette époque dominées par les Arabes Omeyades après qu’ils aient chassés les Perses Sassanides. Du XIe au XIIe siècle, la région connaît plusieurs vagues successives d’invasions mongoles et turques. C’est à l’occasion de l’incursions des Seldjoukides de 1075 qu’un prince, seigneur d’un château situé près de Gandzak, quitte la région pour se réfugier en Cilicie. Il est entré dans l’histoire sous le nom d’Ochine de Lampron, le fondateur de la dynastie des Hétoumides.
Au Moyen-Âge, la cité est décrite par les auteurs contemporains comme entourée de nombreux villages et monastères arméniens construits à des époques antérieures. C’est dans l’un d’entre eux, à Tasn, un monastère fondé en 751 (9), que le grand Mkhitar Gosh a créé son célèbre « Code des lois ».
Au XIIe siècle, Gandzak et sa région sont libérées des Seldjoukides qui avaient envahi la région un siècle plus tôt et sont incluses dans la principauté des princes Zakarian. La cité connaît alors une période de prospérité et sa population arménienne, un fort accroissement.
Les annales conservent également le souvenir de plusieurs autres personnalités originaires de la région comme le théologien et hymnographe Jean Le Diacre [Hovhannès Sarkavak 1045-1129] ou l’éminent religieux théologien et canoniste Tavit Alavka Vordi [? – 11 h 30]. Deux autres grandes figures, l’historien Guiragos de Gandzak [1201 – 1271] et le théologien et canoniste Vartan Areveltsi [1198-1271] sont également originaires de la région. A l’Epoque Moderne, un religieux lui aussi originaire de la ville, Krikor V Margarian, plus sous le nom de Baron-Ter, est resté dans l’histoire arménienne pour avoir occupé le siège patriarcal arménien de Jérusalem de 1613 à 1645 (10).
La ville et à nouveau conquise, détruite et mise à sac par les Mongols en 1236. Malgré ce grand cataclysme, le monachisme arménien se maintient dans la région de Gandzak et poursuit son œuvre spirituelle et éducative. Au XVIe siècle, la ville est reconstruite. Elle devient le siège du Khanat de Gandja tributaire des Séfévides de Perse qui ont repris pied dans la contrée. Quatre familles de Meliks arméniens (11) réussissent à se maintenir dans la région, les Beklarian, les Mnatsakanian, les Chahnazarian et les Rosdomian. Néanmoins, durant tout le XVIIe et le XVIIIe siècle la population de la région ne cesse d’émigrer pour fuir les persécutions des seigneurs musulmans (12). D’autres sont emmenés en captivité par les occupants qui les installent par la contrainte dans d’autres régions qui leur sont soumises. L’équilibre démographique entre les Arméniens et les différents groupes musulmans est fortement menacé par ces départs massifs des Arméniens vers des contrées plus accueillantes (13).
Après l’annexion de la région par la Russie en 1804 et la signature du Traité du Golestan en 1813, le khanat devient un « Gouvernorat » de l’Empire russe. Les nouveaux occupants donnent à la ville et à sa région le nom d’Elizavetpol en l’honneur de l’épouse du tsar Alexandre 1er.
Les Arméniens y sont à cette époque encore presque aussi grand nombre que ceux que l’on appelait les « Tatars », Ceux même dont les Azéris se disent aujourd’hui les descendants. A ces deux groupes ethniques prédominants, s’ajoutent les militaires et fonctionnaires russes et un nombre important d’immigrants allemands venus du Wurtemberg pour des motifs économiques strictement (14). La région compte également une importante communauté de Lézguiens, un groupe ethnique caucasien de confession musulmane sunnite de plus de 20 000 membres. La ville était alors composée de plusieurs quartiers arméniens et « tatares » qui s’étaient développés sur les deux rives de la rivière Gandzak qui traversent la cité.
Du point de vue religieux, la région du Gandzak devient un vicariat de l’important diocèse arménien de Géorgie en 1837 (15). La ville et les villages de la région possèdent un important patrimoine constitué d’églises de belle facture, en pierre de taille, comme l’église saint Jean-Baptiste ou la cathédrale Saint Grégoire l’Illuminateur à Gandzak, et de plus modestes églises rurales de pierre ou de pisé dans les régions voisines.
Jusqu’à la création de l’Azerbaïdjan, malgré les massacres récurrents de la population arménienne par les Tatars de la région, parfois encouragés par les autorités tsaristes, Gandzak demeure un important centre intellectuel et culturel pour les Arméniens. La ville et la région comptent de nombreuses écoles, certaines sont réservées aux filles ou aux garçons, d’autres sont mixtes (16). On y trouve également une presse, bien moins riche que celle de Tiflis. Trois titres paraissent à Gandzak entre 1874 et 1918 ևրրրրրր espace 1874-1918 , en 1918 ].
Le monastère des Saints Traducteurs, un exemple du sort des monuments arméniens en Azerbaïdjan
De la ceinture des monastères prestigieux qui entouraient la cité au Moyen-Âge, peu sont encore aujourd’hui conservés. Parmi ceux-ci, se trouvait le monastère des Saints Traducteurs [Srpots Tarkmantchats] que Mehriban Alieva aurait dû visiter avant qu’il n’ait complètement disparu. Trois photographies prises, l’une à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle, les deux autres dans les années 1980 et 2000 témoignent de la grande « bienveillance »
de l’Etat azerbaïdjanais à l’égard du patrimoine chrétien dans la région, comme dans le reste du pays.
A l’issue d’une visite pastorale qu’il a effectuée en 1890-91 à travers le Gandzak, l’évêque Krikoris Aghvanyants, alors vicaire épiscopal de la région, rédige un journal de voyage décrivant cette région septentrionale du Karabakh. L’ouvrage comporte deux parties. La première est consacrée à la ville de Gandzak et la deuxième, aux régions voisines. Il fourmille d’informations historiques, ethnographiques et statistiques (recensement de 1886). L’évêque Krikoris y décrit ce monastère des Saints Traducteurs et raconte comment le 21 juin 1890, à l’occasion de cette visite pastorale, il a consacré la croix du clocher qui venait d’être réparée (17).
Jusqu’à la création de l’Azerbaïdjan, malgré les massacres récurrents de la population arménienne par les Tatars de la région, d’ailleurs parfois encouragés par les autorités tsaristes, la ville de Gandzak demeure un important centre intellectuel et culturel pour les Arméniens.
Un XXe siècle dévastateur
Entre 1905 et 1907, la population arménienne locale est soumise à d’importants massacres de la part des Turcs locaux. C’est la période de ce que l’on a appelé de manière très euphémique « les massacres arméno-tatares ».
Au printemps 1918, 20 000 Arméniens de la région sont massacrés par l’armée turque qui avait pénétré dans la région. L’un des responsables de cette offensive est Nuri Bey, le demi-frère d’Enver, l’un des trois chefs du parti Union et Progrès responsables du Génocide des Arméniens de l’Empire ottoman (18). Ces massacres présagent un nouveau coup d’État important pour la présence arménienne dans ces régions.
Peu après sa soviétisation en 1920, après s’être approprié la ville et la région du Gandzak, le nouvel Etat annexe également le Haut-Karabakh et le Nakhitchevan. Elizavetpol est rebaptisée Gandja, puis Kirovabad en 1935. Elle devient la deuxième ville de la RSS d’Azerbaïdjan. Durant cette période, plus de 40 000 Arméniens vivent encore dans la ville et la région. Malgré la politique d’oppression des autorités locales, ils réussissent à maintenir un certain nombre de leurs activités nationales. Ils pouvaient y posséder des écoles, un théâtre qui fonctionne de 1935 à 1949. Une presse de langue arménienne se maintient jusqu’en 1940. Mais, comme l’Église et les institutions scolaires arméniennes, elle est strictement contrôlée et encadrée par les autorités azerbaïdjanaises. Depuis la soviétisation du pays, les journaux édités en arménien sont des organes d’État aux contenus dénués de tout intérêt et naturellement idéologiquement très connotés. Quatre organes de presse sont édités à Gandja entre 1930 et 1980 : րրրրրրարրրրրրր espace , ddington [Ouvrier de Kirovabad / 1949-1952], ddington [Kirovabad ouvrier / 1935- 1948 et 1967-1980]. Depuis 1980, les derniers organes de presse paraissant en langue arménienne en Azerbaïdjan, sont publiés à Bakou.
Durant la période soviétique, la région a donné au « Monde arménien » plusieurs célébrités comme Askanaz Mravian, figure bolchévique de premier plan au Caucase, puis Premier Secrétaire du Parti communiste d’Arménie de 1920 à 1921, les frères Alikhanian, deux éminents médecins dont l’un, Artem, ont été le fondateur du programme nucléaire soviétique. Dans un autre domaine, le célèbre gymnaste médaillé des Jeux olympiques, Albert Azarian, est également né à Gandzak (19 ans).
Soumgaït et Kirovabad, le début d’une immense épuration ethnique
En 1988, alors que le mouvement pour la démocratisation en Arménie et l’émancipation des Arméniens du Haut-Karabakh se développait, deux pogroms anti-arméniens sont organisés par les autorités azerbaïdjanaises. L’un en février à Soumgaït, l’autre en novembre à Gandja qui porte encore le nom de Kirovabad. On estime à un peu moins de 150 le nombre des morts, dont une douzaine de personnes âgées sauvagement massacrées dans une maison de retraite (20). Une armée héroïque de plusieurs semaines empêche un massacre généralisé, mais la totalité de la population arménienne de la ville et de la région, soit plus de 40 000 personnes, doit fuir en quelques jours en abandonnant ses terres ancestrales.
Situé chronologiquement entre les tueries de Soumgaït de février 1988 et de Bakou en janvier 1990, ce grand pogrom de la région du Gandzak-Kirovabad à en quelque sorte préfiguré et préludé à l’opération de nettoyage ethnique généralisée qui a permis à l’Azerbaïdjan de chasser 400 à 450 000 Arméniens de leurs territoires historiques et de la ville de Bakou à la construction et au développement de qu’ils avaient très largement contribué. Selon le témoignage du célèbre médecin Andreï Sakharov et de son épouse, Elena Bonner, 138 Arméniens auraient été tués et plus de 200 blessés par les émeutiers azerbaïdjanais (21). Ces derniers tuent également 4 soldats soviétiques qui tentaient de protéger les Arméniens. Mais, à la différence des deux autres pogroms de Soumgaït et de Bakou, les Arméniens de Kirovabad se sont organisés et résisté pendant deux semaines aux assauts des massacreurs (22).
En 1989, l’Arménie a versé des compensations à hauteur de 110 millions de dollars américains à 14 500 familles azerbaïdjanaises. Dans le même temps, près de 400 000 Arméniens déplacés d’Azerbaïdjan, dont ceux du Gandzak, n’ont reçu aucune compensation de la part de cet état.
Depuis plusieurs années, à l’initiative de Vilen Gabrielian, un député – récemment démissionnaire – du Parlement arménien né à Bakou,
une organisation dénommée « Gartman, Shirvan et Nakhitchevan » défend la cause des Arméniens de ces régions chassés du pays (23). Cependant ses moyens restent très modestes à l’égard de ceux de l’association de la région du prétendu « Azerbaïdjan occidental » qui disposent, par exemple, d’un site infiniment plus riche (24) que celui de l’organisation dirigée par V. Gabrielian (25), et surtout mieux construit et bien plus offensif.
L’initiative mériterait d’être soutenue par les autorités arméniennes et la diaspora qui disposent d’une grande liberté de ton et d’action ainsi que de grandes ressources humaines. Les problèmes de TOUS les Arméniens expulsés d’Azerbaïdjan doivent être portés auprès des instances inter-
compétentes nationales, exercent une influence sur toutes les considérations politiques ou diplomatiques. Les vœux et déclarations des uns et des autres ne résoudront pas ces problèmes. Nous devons nous mettre au travail sans tarder.
Le « chantier » qui nous attend est immense et il y du travail pour tout le monde !
Sahak SUKIASYAN
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(1) DT.DT. Et bien. և. ऄथबफलीभषीडश, ր.ڽ. Il s’agit d’une question de temps et d’argent. Il s’agit de l’année 1986-2001. Ème. Kh. Hakopian, St. T. Melik-Bakhshian, H. Kh. Barseghian, Dictionnaire toponymique de l’Arménie et des régions voisines , en 5 volumes. Éditions de l’Université d’Erevan, 1986-2001.
(2) La ville a été la capitale provisoire du pays lors de la création de l’Azerbaïdjan en 1918. Fait intéressant, elle est aujourd’hui jumelée avec Moscou et Darband (Daghestan) en Russie, Koutaïssi et Roustavi en Géorgie, Ankara, Bursa et Izmir en Turquie et Tabriz, en Azerbaïdjan iranien.
(3) کیییییییییییییییییییییییییییی ۄۥۮۡց, کیی۶ۥۿ۫ۯ 1855. Alichan Gh., Toponymie de la Grande Arménie, Venise 1855, p. 83. Le père Alichan considère la région de Gandzak comme étant le 8e canton de la province de l’Oudik.
(4) entre 1880 et 1916 et entre 1880 et 1916 Publié , 2009. Yeremiants S., Gandzak 1880-1916, et Cimetières et églises de Gandzak , Imprimerie Lusabats, Erevan 2009.
(5) Forme plurielle en arménien du nom « Oudi » qui désigne cette population autochtone de la région. En 1989, le pays comptait 8 652 Oudis, lors du recensement de 1999, environ 4 150, très majoritairement musulmans. Le nombre des Oudis se reconnaissant chrétiens et membres de la « Communauté chrétienne oudie d’Azerbaïdjan » ne doit pas dépasser 300 personnes.
(6) րրրււցրրց րրրրրւրց րրրրււց րրրրււց րրրրււց րրրրււց րրրրււրրց րրրւրւրւրրցրրցրրցրւրրւցրւցց
(7) Par exemple Movses de Kaghankaduk, également appelé Movses de Daskhuran par Mkhitar Gosh. et Kirakos de Gandzak.
(8) Une légende raconte qu’au cours d’un rêve, ce gouverneur arabe aurait entendu une voix qui lui aurait révélé l’existence d’un trésor enfoui sous l’une des trois collines de la ville. Cette voix lui aurait ordonné de le dissuader et d’utiliser ce trésor pour fonder une ville.
(9 Le monastère de Tasn, également connu sous les noms de Karmir vank [Monastère rouge] et de Horomashen [bâti par les Romains/ Grecs].
(10) Durant son patriarcat, le baron Ter s’attache à libérer le siège de Terre sainte de toutes ses dettes. Par une sorte de « pied-de-nez » de l’histoire, une grande propriété du patriarcat qui porte son nom est depuis 2001 au cœur d’une énième affaire de spoliation par l’État d’Israël.
(11) Ces princes du Karabakh ont retenu d’une forme d’autonomie jusqu’à l’arrivée des Russes dans la région.
(12) Les Chrétiens de la région, majoritairement arméniens, sont continuellement soumis à la rapine, à une fiscalité exorbitante liée à leur statut de « soumis » [Dhimmis], aux rapts de leurs enfants des deux sexes.
(13) Un certain nombre de ces migrants sont en particulier installés à Tiflis, la capitale de la Géorgie, dans le quartier de Havlabar. Ils y ont constitué plusieurs églises, dont le célèbre sanctuaire de la Sainte Mère de Dieu de Chamkorents également appelé « Karmir Avétaran » [l’église de l’Evangéliaire rouge], du nom d’un manuscrit qui y était conservé.
(14) L’histoire des communautés allemandes dans la région d’Elizavetpol débute en 1819 lorsque sont fondées deux villages, Helenendorf et Annenfel. Au début du XXe siècle, leur nombre passe à huit.
(15) Հ. Il s’agit d’une question de confiance et de confiance. ׯրրրրրրրրespace, 2013 – Amirdanian H , Le rôle du consistoire des Arméniens de Géorgie et d’Imérétie dans la vie de la population arménienne, en Etchmiadzine, mensuel officiel du Catholicossat de tous les Arméniens, Juin 2013, p. 49. Au IXe siècle, Gandzak a même accueilli temporairement le siège du « Catholicossat d’Albanie ». Ce siège de l’Église arménienne est transféré au monastère de Gandzasar » au XVe.
(16) Deux de ces établissements étaient renommés, l’École des Saintes Hripsimiennes fondée en 1874, d’abord pour les seules filles, puis transformée en école mixte en 1910, et l’école située dans la cour de l’église saint Grégoire l’Illuminateur financée par Mkrtitch et Yeghisapet Afanassian, inaugurée en 1909.
17 ) C’est vrai. Aghvaniants Krikoris, évêque, Visite d’un vicaire au diocèse du Gandzak. Edité par la « Fondation AAR », Erevan 2003, p. 21.
(18) . Il s’agit de 1918−1920. Voir I, 2003. Mirzoyan S., Ghaziyan A., Les massacres des Arméniens des provinces de Bakou et d’Elizavetpol 1918-1920. Corpus de documents et de matériaux . Vol. I – Editions des Archives d’histoire de la République d’Arménie
(19) Sa famille a ensuite émigré en Arménie pour s’installer dans la ville de Karakilissa, aujourd’hui appelée Vanadzor.
(20) Le pogrom de Kirovabad a été relativement bien « renseigné » par les organes politiques et administratifs soviétiques. Une partie de la presse de Moscou a même publié des informations données par des militaires présents dans la ville.
(21) Voir le numéro du Los Angeles Times du 27 novembre 1988 : https://www.latimes.com/archives/la-xpm-1988-11-27-mn-1060-story.html
(23) Sur la première page du site, on peut lire « L’Union pan-arménienne « Gardman-Shirvan-Nakhitchevan » est une organisation publique créée pour protéger les droits des Arméniens soumis à la violence des autorités azerbaïdjanaises, pour soulever les questions de préservation du patrimoine culturel arménien dans les territoires historiques de Gardman, Shirvan et Nakhitchevan, ainsi que dans les territoires qui sont de fait sous contrôle azerbaïdjanais, et pour contribuer à une résolution juste et rapide de la question des réfugiés arméniens ».
(24) https://westaz.org/am – ce site comporte 5 versions : azerbaïdjanaise, anglaise, russe, turque et … arménienne.
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EUROPE – FRANCE
NAM (Nouvelles d’Arménie)
4 avril 2025

Ursula von der Leyen : L’ouverture des frontières de l’Arménie avec la Turquie et l’Azerbaïdjan rapprochera plus que jamais l’Europe et l’Asie centrale

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré lors du sommet UE-Asie centrale que l’ouverture des frontières de l’Arménie avec la Turquie et l’Azerbaïdjan rapprocherait l’Europe et l’Asie centrale plus que jamais auparavant.
Ursula Von der Leyen a déclaré que le couloir jouerait un rôle important dans le renforcement des relations entre l’Europe et les cinq pays d’Asie centrale.
« Dans un monde de plus en plus fragmenté, le corridor de transport transcaspien renforcera les liens entre vos pays (les cinq États d’Asie centrale) et l’Europe. Mais les infrastructures ne font pas tout » , a déclaré Ursula von der Leyen.
Elle a également souligné l’importance de simplifier les passages frontaliers entre les pays de la région pour l’efficacité de ce corridor. « Les passages frontaliers avec les pays d’Asie centrale et du Caucase du Sud sont importants pour l’accès à la mer Noire. »
Le président de la Commission européenne a également évoqué la question de l’ouverture de la frontière arméno-turque.
Selon elle, « l’ouverture des frontières de l’Arménie avec la Turquie et l’Azerbaïdjan dans 30 ans pourrait changer radicalement la situation. Cela rapprochera l’Europe et l’Asie centrale plus que jamais auparavant. »
Krikor Amirzayan
NAM (Nouvelles d’Arménie)
4 avril 2025

Les députés condamnent le déplacement forcé des Arméniens du Haut-Karabakh lors de la séance de commémoration du génocide

Le Parlement européen a tenu le 3 avril une session consacrée au 110e anniversaire du génocide des Arméniens, tout en accordant une attention particulière au déplacement forcé des Arméniens de souche du Haut-Karabakh.
De nombreux parlementaires européens ont établi des parallèles clairs entre cette tragédie historique et les événements de ces dernières années, soulignant les conséquences dangereuses de l’incapacité de la Turquie et de l’Azerbaïdjan à assumer leurs responsabilités historiques.
La reconnaissance et la réconciliation exigent le courage d’affronter le passé et de construire l’avenir sur la vérité historique. « C’est particulièrement important aujourd’hui, alors que des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter le Haut-Karabakh suite aux atrocités commises par l’Azerbaïdjan », a déclaré la Slovaque Miriam Lexmann, du groupe PPE.
L’eurodéputé grec Yannis Maniatis, de la faction de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, a rappelé l’expérience tragique de sa famille dans l’Empire ottoman.
« Le manque de mémoire et de reconnaissance conduit à la répétition du passé. » « Les événements au Haut-Karabakh sont un rappel douloureux de la situation actuelle », a-t-il souligné. Un autre député, le Français Nicolas Bay, a évoqué les politiques actuelles de la Turquie et de l’Azerbaïdjan, soulignant que la Turquie tente d’annexer les terres arméniennes depuis 110 ans. Il a également appelé l’UE à accroître la pression sur la Turquie pour qu’elle reconnaisse ses crimes passés.
La représentante des Verts, la Tchèque Marketa Gregorova, a souligné que l’UE ne peut pas continuer à fermer les yeux quand cela l’arrange. « Soutenons l’Arménie, la dernière démocratie de la région », a-t-elle ajouté.
Les députés ont également vivement souligné la coopération en cours de l’UE avec l’Azerbaïdjan, notamment dans le contexte des approvisionnements en gaz et du maintien du protocole d’accord signé avec Bakou.
« Le déni du génocide ne doit pas être toléré. » « C’est directement lié aux injustices et aux violences de notre époque », a affirmé l’eurodéputé Française Marie Toussaint, suggérant que l’histoire se répète, cette fois de manière différente, mais avec la même impunité.
Ainsi les parlementaires européens ont honoré la mémoire des victimes du génocide des Arméniens et ont en même temps soulevé la question de la protection des droits des Arméniens déplacés de force du Haut-Karabakh.
Le président de l’organisation a également évoqué l’exécutif européen pour ne pas avoir utilisé le terme « génocide » et ne pas avoir fait preuve du respect qui lui était dû. Au cours de la session, les législateurs européens ont réaffirmé que le nettoyage ethnique qui a lieu au Haut-Karabakh est inacceptable et ont appelé l’UE à adopter une politique étrangère fondée sur des principes qui placent les droits de l’homme et le droit international au-dessus des intérêts économiques.
Krikor Amirzayan
Armenpress
3 avril 2025

L’ambassadeur d’Arménie en France et le conseiller de Macron discutent de la coopération et des liens avec l’UE

L’ambassadeur d’Arménie en France, Arman Khachatryan, a rencontré le conseiller diplomatique du président Emmanuel Macron, Emmanuel Bonne. Dans un communiqué, l’ambassade a déclaré que l’ambassadeur et le responsable français ont eu le plaisir de souligner le dialogue politique actif et continu au plus haut niveau, ainsi que la coopération productive et en développement constant dans les directions stratégiques entre les deux pays.
Parlant des derniers développements dans la région du Caucase du Sud, l’ambassadeur a salué la réaction du président Macron à la finalisation des négociations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur les termes de l’accord de paix, où le dirigeant français a salué la conclusion et a souligné l’importance de la signature de l’accord pour parvenir à une paix durable. L’ambassadeur Khachatryan et Emmanuel Bonne ont également discuté d’autres questions géopolitiques, des relations entre l’Arménie et la France et des liens entre l’Arménie et l’Union européenne.
Nor Haratch
3 avril 2025

FRANCE – Un documentaire sur Soghomon Tehlirian à découvrir sur Toute l’Histoire

La chaîne de télévision française Toute l’Histoire diffusera un documentaire de 52 minutes consacré à Soghomon Tehlirian, intitulé La Vengeance arménienne – Le procès de Soghomon Tehlirian . Le film sera diffusé à quatre reprises selon le calendrier suivant :
  • Vendredi 4 avril à 20h40
  • Mercredi 9 avril à 22h25
  • Jeudi 24 avril à 22h20
  • Samedi 26 avril à 18h10
Ce film retrace l’histoire de Soghomon Tehlirian, connu pour son rôle dans l’assassinat de Talaat Pacha, l’un des principaux responsables du Génocide arménien, et son procès emblématique à Berlin en 1921, où il fut acquitté. Il a été réalisé par Laurence Chassain et Bernard George, avec la voix de Simon Abkarian.
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RUSSIE
NAM (Nouvelles d’Arménie)
3 avril 2025

Le ministère russe des Affaires étrangères a commenté l’adoption de la loi sur l’adhésion de l’Arménie à l’UE

Il est impossible d’être membre de l’Union économique eurasienne (UEE) et de l’Union européenne en même temps, mais l’Arménie doit décider où elle est la mieux placée.
Déclaration du vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Galouzine à l’agence de presse russe RIA Novosti.
« Nous sommes convaincus qu’il est impossible d’être dans deux associations opposées en même temps, comme le sont l’UEE et l’Union européenne » , a déclaré Mikhaïl Galuzine, soulignant que l’UEE est une association d’États égaux, tandis que l’UE est une structure où « il y a une discipline subordonnée à des histoires antirusses coupées de la réalité par les bureaucrates de Bruxelles ».
Selon Mikhaïl Galuzine, c’est à l’Arménie de décider où elle sera la plus appropriée de se situer. « Nous espérons que tous les avantages de l’adhésion à l’UEE et l’ampleur des pertes résultant de la rupture des liens avec l’UEE seront expliqués à la société arménienne afin que celle-ci ait une compréhension objective de la réalité » dil-il et d’ajouter que l’Arménie est un État souverain qui a choisit déterminant son vecteur de développement.
Le 26 mars, le Parlement arménien a adopté en deuxième et dernière lecture le projet de loi sur l’intention du pays d’adhérer à l’Union européenne. Plus tard, le vice-Premier ministre russe Alexeï Overchuk a déclaré qu’Erevan devait choisir entre l’UEE et l’UE. Selon lui, il ne sera pas possible de s’asseoir sur deux chaises.
Krikor Amirzayan
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USA
NAM (Nouvelles d’Arménie)
4 avril 2025

Washington : Les dirigeants du Congrès demandent des comptes sur les génocides arménien et de l’Artsakh

WASHINGTON – Le 2 avril, les dirigeants du Congrès se sont joints aux Arméniens-Américains et à leurs alliés de tout le pays pour la commémoration annuelle du génocide arménien au Capitole, lançant des appels bipartisans pour la libération immédiate des prisonniers arméniens par l’Azerbaïdjan, le droit au retour des Arméniens de l’Artsakh déplacés et des sanctions américaines contre les régimes d’Aliyev et d’Erdogan pour crimes de guerre et nettoyage ethnique génocidaire, a rapporté le Comité national arménien d’Amérique (ANCA).
La commémoration solennelle, intitulée « Inverser le génocide de l’Artsakh de 2023 | Remembering the 1915-23 Armenian Genocide », qui s’est tenu dans la salle HVC-215 du US Capitol Visitor Center, a donné lieu à de puissants témoignages et à des demandes politiques visant à tenir la Turquie et l’Azerbaïdjan responsables de leurs crimes génocidaires à l’encontre de la nation arménienne.
« Le crime n’a pas pris fin en 1915 – il se poursuit aujourd’hui », a déclaré George Aghjayan, président de l’ANCA, qui a présenté une réflexion personnelle poignante sur la survie au génocide, en partageant l’histoire de sa grand-tante, qui a assisté à la décapitation de son père et a passé six ans en esclavage avant d’être sauvée. Puis, se souvenant de son voyage en Artsakh en 2020, quelques jours après la guerre, il a décrit la peur et la dévastation qui se lisaient sur les visages des enfants déplacés que sa grand-mère avait autrefois portés. « Il ne s’agit pas d’événements distincts. Ils sont liés les uns aux autres », a-t-il souligné. « Ce que les Arméniens ont toujours voulu, c’est vivre en paix, mais cette paix doit être juste et durable. En tant qu’Arméniens-Américains, nous exigeons que des mesures soient prises.
Organisé par le Congressional Caucus on Armenian Issues avec le soutien de l’ANCA et de l’Assemblée arménienne, le programme du Capitole a servi de point d’orgue à deux jours de plaidoyer intensif sur le terrain organisé par la région Est et la région Ouest de l’ANCA. Dans le cadre des journées de plaidoyer de l’ANCA, des centaines d’activistes de tous les États-Unis ont rencontré leurs sénateurs et représentants les 1er et 2 avril pour faire avancer les priorités législatives pro-arméniennes.
Une douzaine de membres du Sénat et de la Chambre des représentants des États-Unis ont pris la parole et ont apporté leur soutien à l’événement. Les sénateurs Cory Booker (NJ), Andy Kim (NJ), Ed Markey (MA) et Adam Schiff (CA), le coprésident fondateur du CongressionalArmenian Caucus Frank Pallone (NJ) et le vice-président Brad Sherman (CA), ainsi que les représentants Gabe Amo (RI), Herb Conaway (NJ), Jim Costa (CA), Laura Friedman (CA), George Latimer (NY) et Jim McGovern (MA) ont fait partie de leurs remarques et ont soutenu leur soutien à l’événement.
Le sénateur Ed Markey a réaffirmé son soutien de longue date à la communauté arménienne américaine, condamnant le nettoyage ethnique de l’Artsakh par l’Azerbaïdjan et appelant à une action immédiate des États-Unis pour défendre les droits et la souveraineté des Arméniens.
« Les forces azerbaïdjanaises ont commis des crimes de guerre avérés… Ces crimes exigeant de rendre des comptes », a déclaré le sénateur Markey, qui a annoncé l’envoi d’une lettre au département d’État demandant l’application de sanctions globales Magnitsky à la rencontre des responsables azerbaïdjanais de ces atrocités. Il a également appelé à la libération des prisonniers de guerre arméniens, notant que l’Azerbaïdjan a récemment expulsé le Comité international de la Croix-Rouge et qu’il continue de violer le droit international.
« Les États-Unis doivent utiliser tous les outils diplomatiques et économiques à leur disposition pour obtenir la libération immédiate de ces détenus », a insisté M. Markey. Racontant son récent voyage à Bakou avec le député Frank Pallone pour participer au sommet COP-29 des Nations unies, M. Markey a décrit la sécurité renforcée exigée pendant leur visite – y compris les gardes du corps désignés par le gouvernement qui insistaient pour balayer leurs chambres d’hôtel à la recherche de menaces – comme un reflet brutal de l’environnement oppressif du régime.
« Nous sommes allés transmettre au gouvernement azerbaïdjanais le message que l’Arménie et ses droits doivent être protégés », a-t-il déclaré. Il a conclu sur une note de solidarité déterminée : « Nous devons veiller à ce que la résolution garantisse la souveraineté de l’Arménie, la libération des prisonniers et le droit au retour du peuple de l’Artsakh », a-t-il expliqué.
Le sénateur Adam Schiff a délivré un message émouvant axé sur la justice historique, la mémoire culturelle et l’action politique urgente. Il a évoqué le génocide arménien à travers l’histoire de Leo Kolegian, un survivant qui a refait sa vie en Californie, et a établi un lien direct entre cette histoire et l’épuration ethnique qui s’évite aujourd’hui dans l’Artsakh.
« Le déni de la Turquie est devenu un génocide sur un génocide… un effacement de la mémoire et de l’histoire », a déclaré le sénateur Schiff. Il a été condamné pour l’assaut et le blocus de l’Azerbaïdjan en 2023, décrivant comment « le régime d’Aliyev a pris le contrôle de l’Artsakh… et un procédé à un nettoyage ethnique de la population arménienne autochtone ». M. Schiff a également annoncé qu’il avait soumis une disposition au National Defense Authorization Act (NDAA) de cette année, demandant aux États-Unis d’accorder la priorité à la libération des prisonniers de guerre arméniens et des personnes disparues. « Le Congrès doit rester concentré sur ceux qui sont détenus et ceux qui sont toujours portés disparus… Je reste ferme, et vous ma parole, que je resterai toujours ferme aux côtés de la communauté arménienne ».
Le sénateur Andy Kim, nouvellement élu au Sénat des États-Unis, a fait des remarques sincères fondées sur son expérience universitaire et diplomatique axée sur la prévention des génocides et des atrocités de masse. Ancien fonctionnaire du département d’État américain et expert en sécurité nationale, M. Kim a souligné que le génocide arménien n’était pas seulement une tragédie historique, mais aussi une leçon vivante pour la prévention de futures atrocités.
« J’ai en fait consacré tout mon travail universitaire, toute ma thèse de doctorat aux génocides et aux atrocités de masse à travers l’histoire », a déclaré le sénateur Kim. « Je me tiens devant vous pour rendre hommage et reconnaître le passé, mais aussi pour me tenir à vos côtés à l’avenir et m’assurer que nous sommes en mesure d’offrir à vos enfants et à vos petits-enfants un monde meilleur et pacifique que vous et vos familles méritez ».
Le représentant Frank Pallone a présenté une évaluation globale des défis politiques des États-Unis et a réitéré le soutien bipartisan aux droits des Arméniens et à la sécurité régionale. Il a été condamné pour le nettoyage ethnique de l’Artsakh par l’Azerbaïdjan et s’est dit très préoccupé par les objectifs plus larges des adversaires de l’Arménie.
« Nous craignons que l’Azerbaïdjan et la Turquie – les voisins de l’Arménie qui ne sont pas des amis – visent pour objectif ultime d’éliminer la République d’Arménie elle-même », a averti le député Pallone. Il a réaffirmé son soutien à la pression internationale pour la libération des prisonniers politiques arméniens et le rétablissement du droit au retour des Arméniens de l’Artsakh. « Nous croyons toujours que l’Artsakh devrait être sa propre République arménienne… Nous croyons toujours que les gens devraient avoir le droit de rentrer chez eux », a déclaré M. Pallone. Il a conclu en appelant à un renforcement des liens entre les États-Unis et l’Arménie, notamment par le biais d’une assistance militaire : « Nous devons armer l’Arménie… pour qu’elle soit forte militairement et économiquement ».
Le député Brad Sherman, membre influent de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, a dressé un réquisitoire sans appel contre les crimes commis par l’Azerbaïdjan et la complicité active de la Turquie dans le nettoyage ethnique de l’Artsakh.
« Oui, Aliyev a déplacé les habitants de l’Artsakh, mais il ne l’a pas fait sans Erdogan », a déclaré le député Sherman, condamnant le soutien militaire de la Turquie à l’Azerbaïdjan. S’appuyant sur ses 28 années de service au sein de la commission chargée de superviser les exportations d’armes, M. Sherman a clairement exprimé sa position sur les ventes d’armes à la Turquie : « F-16 ? Non. F-35 ? Bien sûr que non ! Il a également souligné la crise humanitaire à laquelle sont confrontés plus de 100 000 Arméniens déplacés et a insisté sur le fait que « jusqu’à ce que les Arméniens de l’Artsakh soient en mesure de rentrer chez eux, les États-Unis doivent fournir une aide à l’Arménie ». Se tournant vers l’avenir, M. Sherman a conclu par une promesse pleine d’espoir : « J’ai hâte de me rendre à Stepanakert lorsque les gens qui y vivent pourront à nouveau y vivre en paix et en liberté.
Le député Jim McGovern, allié de longue date de la communauté arménienne américaine, a lancé un appel passionné en faveur d’une action des États-Unis fondée à la fois sur le souvenir et sur l’obligation de rendre des comptes. Représentant la ville de Worcester, qui abrite la plus ancienne communauté arménienne des États-Unis, M. McGovern a évoqué les années passées à assister à des commémorations du génocide où les survivants remplissaient autrefois les premiers bancs.
« Il a fallu beaucoup trop de temps pour reconnaître ce que certains voulaient que le monde oublie », a déclaré le représentant McGovern, soulignant l’importance de la mobilisation de la population pour obtenir la reconnaissance du génocide arménien. Abordant la crise actuelle, il a appelé à une action immédiate pour « libérer les Arméniens encore prisonniers en Azerbaïdjan » et a condamné la destruction du patrimoine culturel arménien dans l’Artsakh. Alors que les acteurs internationaux discutent d’un éventuel accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, M. McGovern a souligné que tout accord de ce type devait être durable, applicable et fondé sur la justice. « Nous voulons un accord de paix qui soit réel… pas seulement un accord de paix sur le papier », at-il déclaré, en promettant : « Vous avez ma parole que je serai le vent dans le dos ».
La députée Laura Friedman, qui représente la plus grande circonscription arménienne des États-Unis, a prononcé des paroles puissantes et profondément personnelles, enracinées dans des décennies de service public aux côtés de la communauté arménienne. Depuis ses débuts à Glendale jusqu’à son leadership au sein du groupe législatif arménien de Californie, Mme Friedman a défendu la reconnaissance du génocide, la préservation de la culture et la justice pour l’Artsakh. Elle se souvient de ses voyages en Arménie et en Artsakh, où elle a visité des églises, des cimetières et des sites patrimoniaux vieux de plusieurs siècles, directement liés aux ancêtres de ses électeurs.
« Voir aujourd’hui des photos de ces mêmes sites culturels détruits par l’Azerbaïdjan est absolument déchirant », a déclaré la députée Friedman. « Cela est fait pour effacer l’histoire de cette région et pour essayer de faire comme si l’Artsakh et l’Arménie n’étaient pas le cœur et l’âme du peuple arménien.
Insistant sur le droit au retour et à l’autodétermination, elle s’est engagée à assurer le leadership des États-Unis dans tout processus de paix impliquant l’Arménie et l’Azerbaïdjan : « Je ferai de mon mieux pour m’assurer que lorsque l’Arménie sera à la table des négociations, c’est toute la force des États-Unis qui se tiendra aux côtés et derrière l’Arménie… et que le peuple de l’Artsakh obtiendra la justice qui lui a été refusée pendant si longtemps ».
Le représentant Herb Conaway a prononcé des remarques fondées sur sa compréhension de l’histoire, de la justice et de la lutte contre l’autoritarisme. Fils d’un professeur d’histoire et nouveau membre du Caucus arménien du Congrès, il a souligné la nécessité de protéger la vérité contre l’effacement et de préserver la dignité des peuples opprimés.
« Les personnes qui se livrent à des agressions s’attaquent à l’histoire d’un peuple – elles veulent effacer l’histoire », a déclaré M. Conaway. « Les États-Unis doivent exercer leur leadership… en travaillant avec d’autres pour s’assurer que les peuples libres restent libres, et que nous défendons toujours ce qui est vrai et ce qui est juste ». Il a réaffirmé son engagement en faveur des droits de l’homme et s’est engagé à être un allié fiable pour faire avancer les priorités arméno-américaines au Congrès.
Le représentant Jim Costa (D-CA) a envoyé une affiche poignante présentant le mémorial du génocide arménien à l’université d’État de Fresno, le seul mémorial de ce type sur un campus universitaire américain.
L’acteur, scénariste et producteur Joe Manganiello a livré une réflexion émouvante sur la survie de son arrière-grand-mère au génocide arménien et sur le traumatisme générationnel qu’il a laissé derrière lui. En racontant sa fuite de Kharpert, Joe Manganiello a décrit comment elle a survécu à une blessure par balle, traversé l’Euphrate à la nage avec le dernier enfant qui lui restait, et est finalement arrivée aux États-Unis, avant de perdre cet enfant par noyade en chemin.
« J’ai l’impression d’avoir répondu à un message dans une bouteille qu’elle a jetée en 1915 », at-il déclaré en décrivant son récent voyage en Arménie et le moment émouvant où il a planté un arbre au mémorial du génocide arménien à Erevan. « Nous risquons de perdre notre culture », at-il averti. « Alors que les turbulences augmentent dans cette région du monde, nous devons nous rendre sur place et protéger cette patrie. Soulignant le besoin de vérité et de sensibilisation, il a ajouté : « Il y a tellement de gens qui ne savent pas que le génocide existe jusqu’à ce que nous les disions. Il faut donc que tout le monde le sache. Faites attention à ce qu’ils le sachent. Et guérissons tous ensemble ».
La soirée a commencé par une invocation du Révérend Père Sarkis Aktavoukian de l’église arménienne Soorp Khatch à Bethesda, MD. « Nous te demandons, Seigneur, de regarder avec ta miséricorde la République d’Arménie et l’Artsakh, dont le territoire souverain a été violé par ceux qui voudraient voir la nation arménienne toute entière et son peuple effacé de la surface de la terre », a prié le Révérend Père Aktavoukian. « Nous prions également pour une solution juste pour le peuple de l’Artsakh, ainsi que pour le retour des prisonniers de guerre capturés par l’Azerbaïdjan au cours de la guerre de 44 jours de 2020 et qui n’ont toujours pas été libérés ».
Keith Nahigian, président de Nahigian Strategies et cofondateur de Big Whig Media, a été le maître de cérémonie de la soirée. Il a évoqué son parcours arméno-américain et la mission permanente de préservation de la vérité, de la justice et de la mémoire. Il a fait l’éloge de l’ANCA et de l’Assemblée arménienne pour avoir éduqué des générations d’élus et de jeunes sur le génocide arménien et les menaces modernes auxquelles l’Arménie et l’Artsakh sont confrontés.
« Cette mission ne sera jamais terminée car la menace contre le peuple chrétien ne cessera jamais », a déclaré M. Nahigian, en racontant l’histoire de l’assassinat de son arrière-grand-père et de la survie miraculeuse de son grand-père pendant le génocide arménien. « Ce sont ces deux organisations qui ont contribué à nous éduquer lorsque nous sommes venus à Washington pour connaître notre héritage. C’est pourquoi j’ai eu l’honneur de contribuer à mettre en lumière le nettoyage ethnique en Artsakh au cours des dernières années par le biais de la campagne 120 000 raisons.
Taleen Yacoubian, coprésidente de l’Assemblée arménienne d’Amérique, a souligné que la commémoration au Capitole n’était pas seulement un moment de deuil, mais aussi une mobilisation pour la justice. Revenant sur le témoignage qu’elle avait fait plus tôt dans la journée devant la sous-commission des crédits de la Chambre des représentants et sur ses rencontres avec des dizaines d’étudiants arméniens américains, Mme Yacoubian a parlé de la difficulté de continuer à défendre les droits fondamentaux plus d’un siècle après le génocide arménien. « Le peuple arménien a subi le génocide, l’exil et l’effacement. Mais nous sommes toujours là. Et nous ne demandons pas la charité. Nous exigeons des comptes, la sécurité et la paix », at-elle déclaré. « Nous exigeons à l’Amérique de ne pas se contenter de se souvenir de l’histoire, mais de contribuer à en façonner le cours… de garantir la libération des otages et d’assurer une paix durable à un peuple qui souffre depuis trop longtemps. »
La commémoration annuelle au Capitole est un rappel brutal du besoin urgent de justice – et pas seulement de souvenir. L’objectif de l’ANCA reste clair : faire respecter l’interdiction statutaire de l’aide militaire américaine à l’Azerbaïdjan, imposer les sanctions Magnitsky aux criminels de guerre azerbaïdjanais, assurer la libération des prisonniers de guerre arméniens, garantir le droit au retour des Arméniens déplacés de l’Artsakh sous protection internationale, et faire pression pour une paix équilibrée qui rejette les menaces de la force et affirmer la souveraineté de l’Arménie. L’ANCA continue à demander des comptes à la Turquie et à l’Azerbaïdjan et à exhorter les États-Unis à prendre des mesures décisives contre leurs politiques génocidaires.
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AZERBAÏDJAN
NAM (Nouvelles d’Arménie)
3 avril 2025

Communiqué de Libertas : L’Azerbaïdjan expulse le CICR. Menace sur la vie des otages d’Etat arméniens

Le collectif LIBERTAS dénonce avec la plus grande fermeté l’expulsion forcée d’Azerbaïdjan du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) [1], une décision aux conséquences dramatiques pour les 23 otages d’État arméniens internés dans ce pays [2].
La dictature pétrolière n’a pas pardonné au Comité international d’avoir accompli son mandat et sa mission humanitaire à Stepanakert à la suite de l’agression armée de la République d’Artsakh démocratique en 2020 par Bakou, suivi du blocus de 10 mois aboutissant au nettoyage ethnique des Arméniens artsakhiotes en septembre 2023 [3].
Sans surprise, les organismes et médias au service du gouvernement azerbaïdjanais avaient accusé le CICR de mener des « opérations de contrebande et d’espionnage au profit de l’Arménie sous couvert d’aide humanitaire », accusations instrumentalisées par le pouvoir pour exiger de mettre fin aux activités humanitaires en faveur des prisonniers de guerre arméniens du Comité de Genève.
Jusqu’ici, les visites régulières du CICR assuraient un contrôle des conditions de détention, garantissant un minimum de respect du droit humanitaire international et des droits fondamentaux des prisonniers, comme le lien avec les familles, et la fourniture de produits d’hygiène inexistants dans l’univers carcéral brutal de Bakou.
En expulsant cette organisation impartiale et neutre, mandatée par la Convention de Genève et ses protocoles, les autorités azerbaïdjanaises plongent les otages d’Etat arméniens, comme les nombreux prisonniers politiques azerbaïdjanais, dans un isolement total, les abandonnant à la merci de leurs geôliers, sans aucun regard extérieur permettant de contenir les mauvais traitements infligés aux prisonniers.
« Cette expulsion n’est pas acceptable : la mission du CICR ne pourrait décemment pas être confiée au Croissant rouge azerbaïdjanais en raison des accointances avérées de ce dernier avec un pouvoir caractérisé par son racisme anti-arménien institutionnel » a déclaré Hilda Tchoboian, la coordinatrice du Collectif LIBERTAS .
«Nous appelons le Secrétaire général et le Rapporteur spécial sur la torture de l’ONU , ainsi que le Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe à prendre leurs responsabilités et exiger un accès humanitaire immédiat et inconditionnel aux prisonniers arméniens» at-elle conclu.
En Arménie, LIBERTAS déroule actuellement un programme d’aide psychologique aux prisonniers de guerre arméniens libérés , souffrant de stress post-traumatique suite aux tortures et traitements inhumains subis pendant leur détention en Azerbaïdjan.
Ce programme de LIBERTAS est exécuté par des professionnels du Centre INTRA de santé mentale, en partenariat avec le Comité International de la Croix Rouge d’Arménie (CICR), et le Centre de Droit international Comparatif (CICL).
Pour plus d’informations :
[2] Liste des 23 prisonniers arméniens illégalement détenus à Bakou : https://www.libertas2020.com/otages-et-disparues
[3]

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